5 parfums iconiques qui ont marqué la parfumerie

article 5 parfums iconiques

Les tendances actuelles dans le monde de la parfumerie sont le reflet de grands “épisodes” importants qui remontent au XIXème siècle.

Quelles sont les maisons à l’origine de ces parfums iconiques qui ont bousculé les codes, séduit le grand nombre et marqué l’histoire ?

Fougère Royale ou la création d’une nouvelle famille olfactive Houbigant – 1882

Fougère royale Houbigant

Nous sommes à la fin du XIXème siècle, les procédés de fabrication de parfum connaissent de vrais avancées : nouvelles méthodes d’extraction, introduction de nouvelles molécules de synthèses.

Tous ces changements élargissent le champ des possibles. C’est dans ce contexte que naît le premier parfum contenant de la coumarine isolée synthétique. La coumarine est présente dans la fève de tonka. Elle se caractérise selon le dosage par une odeur proche de l’amande, de notes poudrées et parfois de tabac blond. C’est aussi le parfum qui introduit une nouvelle famille olfactive : la fougère. Fougère Royale a vu le jour grâce au parfumeur Paul Parquet.

Les notes : bergamote, lavande, camomille, rondeletia, géranium, absolue de rose de mai, cannelle, oeillet, ambre, absolue de mousse de chêne, absolue de lentisque, coumarine, patchouli, absolue de fève de tonka et absolue de sauge.

Et aujourd’hui ? : Fougère Royale a été réédité en 2010. Nouvelle version que l’on doit à Rodrigo Flores-Roux. Il existe une eau de parfum et un extrait de parfum.

La démocratisation d’une famille olfactive – Chypre Coty, 1917

Chypre Coty

C’est François Coty qui est derrière la démocratisation des parfums chyprés avec le lancement de “Chypre” en 1917. Une famille olfactive qui se caractérise par l’association d’hespéridées en note de tête, d’un cœur floral et d’un fond vetiver, mousse de chêne, labdanum et patchouli.

Je parle de démocratisation car Roget & Gallet et Guerlain ont créés des parfums chyprés bien avant (1850 et 1900). La force de Coty : avoir opté pour une distribution grand public. C’était un choix audacieux à une période où les parfums légers et floraux étaient plus en vogue mais le succès était au rendez-vous.

Notes de tête : bergamote, fleur d’oranger, citron et orange.

Notes de cœur : jasmin, iris, rose, œillet, ylang-ylang et lila

Notes de fond : mousse de chêne, patchouli, encens, civette, musc et styrax.

Chypre a beaucoup inspiré les parfumeurs. On peut le constater avec les sorties de Mitsouko (1919), Crêpe de Chine de Felix Millot (1925, discontinué), Femme de Rochas (1944) qui reprennent la structure du célèbre parfum. Chypre n’est plus disponible aujourd’hui. Il a été discontinué en 1964 puis a revu le jour en 1986 avant de finalement disparaitre.

Le mariage de la menthe et des notes orientales – Emeraude, Coty 1921

Emeraude Coty

François Coty est à l’origine d’un autre grand événement de la parfumerie. Emeraude, sorti en 1921, est un parfum ambré.

Les notes : orange, bergamote, citron, jasmin, ylang-ylang, palissandre du Brésil, opoponax (résine), benjoin, ambre, santal, patchouli et vanille.

Une fragrance qui a marqué son temps pour deux raisons : la note fraîche mentholée qui ne se laisse pas dominer par l’accord oriental opulent et la démocratisation du vaporisateur de voyage.

Et aujourd’hui ? Toujours commercialisé uniquement en eau de toilette.

Le vétiver féminin – Habanita Molinard, 1921

Habanita Molinard

Habanita a eu 2 vies. Il a d’abord été conçu comme essence pour cigarette, qui était à l’époque une tendance naissante auprès de jeunes femmes : Les Garçonnes. C’est un mouvement qui chamboule les codes traditionnels de la féminité de l’époque et revendique l’émancipation des femmes ainsi que l’égalité des sexes. On assiste au rejet des corsets, à l’abandon des cheveux longs et la démocratisation des pantalons et jupes longilignes. On retrouve vraiment cet esprit dans la fragrance qui voit le jour en 1921. Le vétiver, alors utilisé quasi exclusivement dans les parfums masculins, fait son apparition dans Habanita qui cible les femmes. Cela a été possible grâce au parfumeur Henri Bénard.

Habanita a connu plusieurs versions : assez animalique à sa sortie, beaucoup plus poudrée dans les années 80 et moins poudrée depuis sa réédition de 2012.

Les notes : géranium, vétiver, mousse de chêne, lentisque, jasmin, santal mysore, petitgrain et rose.

Habanita est toujours commercialisé. Il existe également 2 flankers : Habanita l’esprit (version plus musquée et aérienne) et Habanita cologne (une interprétation florale boisée).

La neutralité qui s’adresse à tous – CK One Calvin Klein, 1994

CK one parfum

C’est celui qui va le plus à contre courant. CK One est un hespéridé aromatique présenté dans un flacon totalement neutre qui appelle pourtant à la diversité et à l’union. Un véritable caméléon qui défie la question du genre à une époque où chaque parfums entraient dans une catégorie précise et visait un public défini. De plus, il est présenté à un public qui a vu passer des beaux flacons comme Poison  (1985) ou encore Amarige (1991).

Eh bien, sa sortie sera un franc succès ! La marque a généré pas moins de 5 millions de dollars dans les 10 jours qui ont suivi la sortie. Chapeau aux parfumeurs Albreto Morillas et Harry Fremont pour ce pari.

Notes de tête : mandarine, papaye, bergamote et de citron.

Notes de cœur : noix de muscade, violette, jasmin, muguet et rose.

Notes de fond : musc et ambre.

Après le succès de CK one, d’autres fragrances dans la même veine sont apparues : Eau Belle d’Azzaro (1995), Ô pour Homme de Lancôme (1996), Eau Pure de Caron (1996). CK one est encore commercialisé et Calvin Klein n’a pas lésiné sur les flankers : plus de vingt versions sorties entre 2004 et 2021 (la plupart sont des éditions limitées annuelles).

Oui à l’usage de plus de notes dans les masculins – Le mâle, JPG, 1995

JPG Le mâle

Jean-Paul Gaultier a su innover en offrant une nouvelle interprétation de la fougère qui va ouvrir la voie en 1995 à l’usage de nouvelles notes dans les parfums masculins. Parfums qui étaient jusque là inscrits dans un schéma précis, sans réelle prise de risque. C’est Francis Kurkdjian qu’il faut remercier pour la création “Le Mâle”.

Notes de tête : lavande, menthe, cardamome, bergamote et armoise.

Notes de cœur : cannelle, fleur d’oranger et carvi.

Notes de fond : vanille, fève de tonka, ambre, bois de santal et cèdre.

Le Mâle est toujours commercialisé. Comme Calvin Klein, il y a eu énormément de flankers (plus de 20) avec pas mal d’éditions annuelles.

Les parfums qui ont marqué leur époque sont à la fois le reflet de la société, l’identification d’un manque et la prise de risque sans garantie. Ces différents aspects font le charme de ces parfums iconiques pour la plupart encore présents en parfumerie.

Selon vous, quels sont les parfums (sortis ces 10 dernières années) qui vont rester dans les mémoires à l’avenir ?

Crédits photos : parfumdepub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *