Matières premières et parfums : d’où viennent-elles ?

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Aujourd’hui, on s’en va pour une balade parfumée mondiale. Les matières premières de nos parfums préférés nous viennent souvent de contrées lointaines. Si plusieurs régions peuvent produire une matière première, il y en a toujours quelques-unes qui se démarquent en termes de qualité (climat, technique, équipement) et deviennent la référence.

D’où viennent nos matières premières préférées ? Quelles sont les zones réputées ? Réponse au cours de ce doux voyage digital.

Le jasmin sambac

À la différence du grandiflorum (autre variété de jasmin principalement cultivée en France), le jasmin sambac est plus intense et sucré et moins indolique. Ses caractéristiques font qu’il est plus prisé que son cousin. C’est en Inde que l’on cueille le meilleur jasmin sambac. Il est cultivé dans l’ensemble du pays contrairement à d’autres fleurs cultivées uniquement dans certains villages.

Jasmin sambac

Jasmin sambac

jasmin grandiflorum

Jasmin grandiflorum

Le jasmin sambac fait partie intégrante du quotidien des indiens : sur le rétroviseur, en décoration dans les cheveux et dans les cérémonies religieuses.

Les fleurs sont récoltées quand elles ne sont pas encore ouvertes. Ce n’est que 24h plus tard qu’elles s’ouvriront et que l’extraction par solvant peut être faite.

Le patchouli

Imposant et intimidant, le patchouli a marqué les esprits dès le XIXème siècle. C’est une note parfois clivante qui permet toutefois de faire tenir nos jus plus longtemps. Sa puissance est telle qu’il est aussi utilisé dans les détergents. Le patchouli est une herbe principalement cultivée en Indonésie avec pas moins de 1000 tonnes produites par an. L’île Sulawesi, située au nord de l’Indonésie, est la plus grande zone de production du pays.

Le patchouli a pas mal circulé dans l’Asie du Sud. Il était utilisé par les indiens pour parfumer leurs châles de cachemire. On en retrouve aussi dans l’encens et autrefois dans l’encre de Chine.

Le patchouli est récolté, séché au soleil pendant une journée avant d’être distillé.

Le vetiver

L’essence de vétiver provient des racines de l’herbe. Résultat : des facettes boisées, terreuses, végétales. Le vétiver est souvent associé au patchouli car ils sont tous les deux extrêmement difficiles à reproduire de manière synthétique.

Le vétiver est principalement cultivé dans l’ouest d’Haïti (la région des Cayes), premier producteur mondial.

Son essence est utilisée dans la médecine traditionnelle car elle booste le système immunitaire et stimule la circulation sanguine. On utilise aussi le vétiver pour le tressage de chapeau ou la fabrication de chaises artisanales.

Comment ça se passe ? Les feuilles sont récoltées quand elles commencent à jaunir. Elles sont ensuite rassemblées en botte et suspendues pour les laisser sécher avant d’être distillées.

La fleur d’Osmanthe

Ces fleurs blanches ou orangées selon la variété sont pleines de délicatesse avec leur odeur fraîche qui rappelle l’abricot. Elles poussent tranquillement dans le sud de la Chine entre Yangzhou et Guilin.

Les fleurs d’Osmanthe ont longtemps été utilisées en Asie pour parfumer les pâtisseries, le thé, le vin et même le miel ! C’est encore le cas aujourd’hui.

Elles connaissent un processus différent : une fois récoltées, les fleurs d’Osmanthe sont plongées dans un bain de saumure pendant 3 mois avant d’être lavées et connaître leur première extraction.

Fleur d'osmanthe

Source : Flickr.com

L’ylang-ylang

L’ylang-ylang, c’est la fleur jaune aux facettes exotiques, sucrées et aphrodisiaques par excellence. C’est l’ylang-ylang des Comores (archipel de l’Afrique de l’Est), qui est le plus convoité. La fleur jaune est principalement cultivée sur l’île d’Anjouan.

L’ylang-ylang aussi appelé “la reine des parfumeurs”, est également utilisée pour ses propriétés relaxantes ou en décoration.

Il faut se lever tôt pour cueillir les jolies fleurs jaunes car elle sont plus parfumées en début de journée. Elles sont ensuite pesées avant d’être distillées.

Oud

Le bois des rois aka le oud provient d’une résine sécrétée par les Aquiliaria (famille d’arbre) en réponse à l’attaque de champignons. Son odeur opulente, boisée, cuirée et parfois fumée est difficile à oublier. On doit cette odeur mémorable au Bangladesh où l’on retrouve l’arbre dans différentes régions.

Le oud est utilisé à des fins médicinales, dans l’encens et lors de rites religieux.

Comment passe-t-on de l’arbre à la majestueuse essence ? On récolte les copeaux de bois chargés de la résine qui seront ensuite distillés. Cette récolte étant très coûteuse, beaucoup ont recours à l’alternative synthétique…

Le benjoin

Vanillé, doux et chaleureux, le benjoin nous vient tout droit du nord du Laos, pays limitrophe de la Thaïlande et du Vietnam. Le benjoin est une résine produite par le styrax (arbre).

Il est utilisé pour les fumigations et avec l’encens pour purifier les espaces.

Le benjoin s’obtient en faisant une incision dans l’écorce du tronc du styrax pour récupérer la résine qui se solidifie au contact de l’air. Elle est ensuite traitée par solvant.

Récapitulatif

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Sources :

  • Cueilleur d’essences, Aux sources des parfums du monde – Dominique Roques
  • “Filière ylang ylang … quand les utilisateurs abandonnent les producteurs”, Remy Pulverail
  • “La filière patchouli comme on ne vous l’a jamais racontée”, Remy Pulverail

Conclusion

Nombreuses sont les destinations que nous avons abordées. Je sais que vous ne diriez pas non à une balade dans l’une de ces contrées une fois que ça sera à nouveau permis.

Quelles sont les matières premières qui reviennent le plus dans vos parfums ?

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